LE CORRIDOR

art contemporain

Sylvie Romieu

BIOGRAPHIE

Née en 1960 à Sigean dans l'Aude
Vit et travaille à Portel-des-Corbières (Aude).

Photographe plasticienne, elle partage son parcours artistique entre la France et L’Italie où elle expose régulièrement depuis des années grâce à la Galerie WEBER&WEBER de Turin.

APNEA

La signification et le sens n'est pas contenu dans l'image mais dans le moment de la prise de vue. L'installation est en équilibre si instable, précaire et les éléments qui la composent si légers et volatiles que je dois retenir mon souffle avant/pendant le déclenchement. Je me retrouve en apnée, j'aime phonétiquement le mot en Italien il est aérien avec un équilibre parfait en bouche. Il y a aussi une relation intime avec la sensation éprouvée en ce moment observant ce qui se passe sur la planète, être en attente et retenir son souffle dans une période où tout peut arriver. Je crois que la lecture de mon nouveau travail photographique peut être mal interprété car dissimulé par la douceur, l’évanescence, la légère apparence des images, le fond n'est pas ainsi mais bien plus noir qu'il n'y parait. Pourtant c’est ainsi que je voulais m’exprimer dans cette lumière intense, avec des matériaux et des éléments anodins, insignifiants, des artefacts et de minuscules végétaux recueillis dans la nature. Des morceaux de planète en lambeaux, des architectures écroulées et des îles submergées. Je pense à tant de choses et je panse tant de choses. Ces photographies et ces compositions végétales sont là pour mettre en évidence et appuyer mon propos, la fragilité est partout, même dans ce qui nous semble indestructible, puissant, fort. Tout est une question de temps, d’échelle... Et pourtant je sème. Des graines, un futur à construire, dans mon cas une possibilité de poursuivre dans mon expression la photographie. Elle forme avec les structures végétales un continuum poétique, sensible et émotionnel, ma vision du monde.

Sylvie Romieu, 2025

LES CARTOGRAPHIES FLOTTANTES

Beaucoup de plasticiens géographes travaillent la carte dans sa bi-dimensionnalité. Sylvie Romieu loin de chercher seulement un espace, une spatialité transformée tente une poétique de la cartographie en trois dimensions. Internet nous a habitués à passer facilement des 2 dimensions de la map à la google view en 3D, mais cet usage est fait pour nous aider à nous situer, à nous retrouver, du « vous êtes ici » statique à l’itinéraire conseillé, rien que des effets de réel dans des formes de présence simulée.
L’artiste quant à elle cherche bien plus évidemment à nous perdre dans son imaginaire où la carte cherche ses volumes potentiels, du monticule jusqu’à l’abri. Oui c’est bien d’une architecture fantasmatique dont elle se préoccupe dans son atelier.
Pour nous en convaincre elle expose d’autres travaux plastiques d’une plus grande fragilité qui nous apparaissent comme des croquis des installations de cartes, des sortes de maquettes faites d’herbes, de tiges et d’éléments naturels de petite taille.
Ces compositions prêtes à s’envoler au moindre souffle d’air géométrisent leur espace en recherche d’une harmonie supra- naturelle. La photographie vient à point pour en tenir l’équilibre au centre du cadre. La carte elle aussi fait l’expérience transformatrice de la prise de vue. D’un tirage à l’autre la plasticienne gère ses essors improbables pour simuler un volume sans définition préalable puis se hausse peu à peu à la hauteur d’un bâti à ré-inventer. Si la possibilité du cheminement se perd ainsi ou s’efface partiellement, notamment au bord du cadre qui devient flou d’autres invitations nous sont faites à investir ces constructions flottantes.

Christian Gattinoni , 2025
Auteur, critique d’art, curateur et photographe

Habitats ?

« Représentations fragiles et symboliques, construites instinctivement dans l’urgence. L’urgence d’un désir, observer la nature, l’infiniment petit, le presque rien, celui que l’on ignore, celle que l’on taille à la belle saison, la fine brindille, la mauvaise herbe.
Sèche et encore parfumée elle nous parle de ce territoire, droite, courbée, résistante, elle le constitue, le représente, l’identifie.

La maison, c’est ça, c’est ce que nous reconnaissons, qui nous apaise, le sentiment d’être à la bonne place. La forêt, le désert, la montagne, la mer, la ville, peu importe…
A chacun sa maison.
Les miennes sont d’ici, faites de fenouil et d’ail sauvage, glanés le long des chemins et au bord des étangs, des petites architecture improbables et bancales.
Elles parlent de moi et de vous, elles sont le lien et nous ramènent à l’intérieur de nous-mêmes. »

EXPOSITIONS PERSONNELLES ET COLLECTIVES (sélection)

COLLECTIONS publiques et privées

LIENS ET CONTACTS